Mettre du temps entre nos émotions et nos actions

Proposition du chef Thierry Marx dans son ouvrage “La stratégie de la libellule” qui avait retenu toute mon attention…

Mettre du temps entre mes émotions et mes actions c’est ce que j’ai décidé d’appliquer cette fois-ci, comme un impératif. 

Plutôt tournée vers l’action parfois la réaction, j’ai souvent une tendance à affronter les événements avec méthode, enthousiasme, en analysant les différents scénarios et en entrant rapidement en action pour agir, telle une urgentiste faisant preuve de sang-froid.

Confinement en 3 temps

Il y a eu cette première surprise au printemps, comme une sidération : rester confiné, tout stopper, ne plus se projeter, ne plus entrer en contact, rester immobile… Sûrement dans un esprit d’opposition, ces contraintes m’ont mise en mouvement. En mouvement pour ma famille, mes proches, celles et ceux qui en avait besoin, les collègues, les entrepreneurs, celles et ceux que j’accompagnais. L’énergie de mettre en place des solutions, de soutenir, de poursuivre l’accompagnement, de mettre en place de nouveaux outils, de transformer le présentiel en à distance, d’expérimenter cette situation nouvelle, de m’adapter rapidement et de vivre cet événement avec intérêt.

Et puis, les salles de pratiques sportives ont fermées il y a un mois. Un deuxième événement qui a fait interrompre à nouveau une partie de mon activité professionnelle. Cette fois c’est la colère, l’injustice et l’incompréhension qui m’a mise en mouvement. Traversée par des pensées et des émotions décourageantes face à ces décisions qui ne me semblaient pas avoir de sens. Comment accepter d’écarter ce qui fait du bien aux gens en ces périodes où l’anxiété est partout ? Dans un dernier sursaut je tente de m’adapter mais les contraintes techniques et l’accompagnement à distance me parait de plus en plus difficile, voire me coûte mes savoir-faire et mes savoir-être.

Accompagner sans contact

Accompagner c’est rencontrer l’autre, ressentir, voir, observer, écouter ce qui se dit mais aussi ce qui circule entre 2 êtres vivants dans l’instant. Comment s’en passer totalement ? Je sais que je peux m’adapter, mais je sais aussi que tout cela m’éloigne de ce qui m’anime et du fil rouge de tout ce que je fais professionnellement et personnellement pour accompagner différemment.

Alors pour cette troisième phase, j’ai décidé de mettre du temps entre mes émotions et mes actions, de prendre du recul, de m’accorder ces quelques jours. De m’éloigner de ce tumulte, de toutes ces réactions, informations contradictoires, injonctions, incohérence. Faire le vide, redescendre pour sentir la bonne posture, décrisper, trouver le bon tempo dans ma respiration. Le moment de l’action viendra et sera juste pour moi. A très bientôt.